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22 novembre 2011

CAPD : déclaration du SNUipp FSU

Déclaration du SNUipp-FSU 95 à la CAPD du 22 novembre 2011

Monsieur l’Inspecteur d’Académie, mesdames, messieurs

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Après le G20 qui n’a eu pour seuls objectifs que de faire plier la Grèce et de « rassurer » les marchés, la situation économique et sociale reste inquiétante en Europe. La fuite en avant des États consistant à sabrer dans les dépenses publiques, aggrave la situation.

En France le gouvernement a présenté son nouveau plan de rigueur, qui tout en fragilisant l’économie, consiste, comme le précédent, à faire porter les efforts essentiellement sur les salariés. En accélérant la réforme des retraites, en limitant la progression des dépenses de santé, en poursuivant la réduction des dépenses de l’État, en mettant en cause le financement des collectivités locales ce sont effectivement les salariés, du public comme du privé, les chômeurs, les jeunes et les retraités, qui sont mis à contribution sans distinction du niveau des revenus. Cela aggravera encore les inégalités. La désindexation partielle des prestations amènera une nouvelle dégradation du niveau de vie des familles les plus modestes et des personnes privées d’emploi.

Dans sa volonté de faire payer la crise aux salariés, le gouvernement tire les droits de tous les salariés vers le bas en proposant de porter à quatre les jours de carence dans le privé et d’instaurer le même principe sous forme d’une journée dans le public en cas d’arrêt maladie. Le SNUipp avec la FSU rejette ces propositions.

A l’opposé de mesures injustes, inefficaces et brutales, le SNUipp avec la FSU continue d’affirmer qu’il faut envisager des mesures structurelles (fiscalité, emploi et salaires) permettant à terme une réelle sortie de crise. Les services publics et la Fonction publique sont des leviers pour sortir de la crise et il faut en finir avec la suppression des emplois publics. Les organisations syndicales doivent être consultées sur la situation économique et sociale de notre pays.

Budget 2012

Dans l’Éducation, pour le 1er degré c’est un budget en forte diminution (hors pensions) qui a été voté le 9 novembre à l’Assemblée Nationale. 5 700 emplois supprimés pour une prévision de 8 700 départs en retraite ce qui constitue quasiment un taux de non remplacement de 2 enseignants des écoles sur 3 et ce, alors même que plus de 5 000 élèves supplémentaires sont attendus à la rentrée 2012. Depuis des années, le taux d’encadrement diminue, situant la France au dernier rang des pays de l’OCDE, loin derrière le Portugal, la Grèce ou l’Espagne. À la veille des échéances électorales présidentielles et législatives, l’Élysée ne veut pas revivre les mobilisations de parents, d’élus et d’enseignants. Sous la pression, le président de la république a promis de « ne pas fermer de postes classes, hors évolution démographique ». Le ministère a clairement affirmé que les postes « hors-classe », ressources pourtant essentielles pour les élèves et le fonctionnement de l’école, allaient être une cible privilégiée.

Enseignants des Rased, enseignants remplaçants et conseillers pédagogiques sont visés. De plus, dans les écoles qui attendent des élèves supplémentaires, les ouvertures de classes seront impossibles et la scolarisation des moins de trois ans va poursuivre sa chute. Ainsi mise en œuvre cette politique laissera des élèves en difficultés sans aide spécialisée, des classes sans remplaçants, des effectifs encore plus chargés et dégradera encore les conditions de travail dans les écoles.

Aujourd’hui se tient la CAPD des promotions : revaloriser nos carrières est devenu indispensable

Alors que le coût de la vie ne fait qu’augmenter, les promotions seraient aujourd’hui le seul moyen, inégalitaire, de voir progresser son salaire. Des années de politique de moindre augmentation de la valeur du point par rapport à l’inflation ont conduit à une perte considérable du pouvoir d’achat. Le gel du point d’indice pour 2011, celui envisagé pour 2012 et 2013, crée une situation sans précédent, porteuse de lourds reculs sociaux et de bradage des qualifications. D’autant que ces gels se cumulent avec la forte augmentation des retenues pour pension dans la loi de réforme des retraites. Les enseignants ont vu leur salaire net baisser depuis 2011.

Les comparaisons internationales montrent qu’en France les enseignants du premier degré sont parmi les moins bien payés des pays de l’OCDE. Pire, la France est le seul pays où le salaire moyen des enseignants a baissé au cours des dix dernières années. Le SNUipp s’est adressé au ministre pour demander l’ouverture de négociations sur la revalorisation du métier d’enseignant. Elle doit déboucher sur des améliorations de carrière pour tous, ce qui entraîne une refonte de la grille indiciaire et une prise en compte de l’inflation dans la revalorisation du traitement indiciaire.

En particulier, il n’est pas acceptable que seuls 3,7 % des professeurs des écoles terminent aujourd’hui leur carrière à l’indice terminal de leur corps qui devrait être atteint par tous. Par ailleurs, le SNUipp demande le versement d’une indemnité d’équipement professionnel.

Évaluation des enseignants

Dans le même temps, le SNUipp-FSU vient de prendre connaissance des projets de textes modifiant en profondeur les modalités d’évaluation des enseignants et de déroulement de carrière.

A partir de la rentrée 2012, les enseignants seraient soumis à des entretiens professionnels menés par l’IEN qui comprendraient pour une part un dispositif d’auto-évaluations. Dès 2015, l’inspecteur de circonscription « distribuera » quelques réductions d’ancienneté quantifiées par le ministère. Pour le reste, l’avancement d’échelon se ferait au rythme le plus défavorable, à savoir l’ancienneté. Cette mesure dégraderait à nouveau le pouvoir d’achat des enseignants alors qu’une réelle revalorisation des carrières est indispensable. De plus, cela aurait des conséquences sur l’échelon au moment du départ à la retraite. Une nouvelle fois, le ministère compte faire des économies sur le dos des enseignants.

Si le dispositif actuel d’évaluation est vécu comme injuste tant le poids de la première inspection pèse sur toute la carrière, et inefficace tant il se résume à une simple mise en conformité, le projet du ministère n’améliore absolument pas la situation. Il va créer de la division dans les écoles. Cela ira à l’encontre du travail en équipe nécessaire à la réussite des élèves. Cela accentuera la pression directe et peut renforcer l’arbitraire de la hiérarchie, dans une conception managériale de la gestion des enseignants. La reconnaissance de l’expérience professionnelle liée à l’ancienneté serait complètement minorée.

Le SNUipp rejette catégoriquement ces évolutions et s’oppose à ce projet . Il exige que les discussions s’engagent sur d’autres bases. Les modalités d’évaluation des enseignants, doivent être déconnectées de l’évolution de carrière, et être concrètement améliorées.

Le SNUipp-FSU porte le projet d’une évaluation formative qui soit une aide au développement professionnel pour que les enseignants soient encore mieux armés pour faire réussir tous les élèves. Il défend les principes d’équité, d’égalité de traitement et de carrière, de transparence, garantis notamment par le contrôle paritaire.

C’est pour toutes ces raisons que le SNUipp-FSU appelle à la grève intersyndicale unitaire dans l’Éducation le 15 décembre prochain. Face à l’entreprise de torpillage de l’école menée par le ministre, la riposte doit être forte pour qu’enfin elle soit entendue. La politique budgétaire et éducative doit permettre la réussite de tous les élèves et prendre en compte les conditions de travail des enseignants.

 

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