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28 novembre 2011

Réforme de l’évaluation des enseignants : mauvaise pioche !

Dimension formative absente, déroulement de carrière freiné, modalités d’avancement non transparentes, poids hiérarchique renforcé, le projet de réforme de l’évaluation des enseignants n’améliore aucunement le dispositif actuel. Au contraire, il est source d’arbitraire et de nouvelles inégalités. Le SNUipp-FSU décrypte le projet.
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L’évaluation des enseignants : voilà un chantier difficile mais attendu par les enseignants tant l’inspection actuelle est mal vécue par la plupart d’entre eux. Injuste, inefficace, arbitraire, artificiel, infantilisant... les mots ne manquent pour qualifier ce dispositif où se joue avant tout un rapport de pouvoir entre inspecteur et inspecté. Force est de constater que le projet de réforme de l’évaluation des enseignants lancé à la hussarde par le ministère ne répond pas aux principales critiques de l’inspection existante. D’une part, l’instauration d’entretiens professionnels en lieu et place de la visite en classe instaure une nouvelle approche de suivi du travail des enseignants : managériale et déconnectée de la pratique professionnelle. D’autre part, la suppression de la note ne garantit pas plus d’équité qu’aujourd’hui dans le déroulement des carrières. Au contraire, l’expérience professionnelle (l’ancienneté) n’est plus prise en compte et l’autorité hiérarchique directe voit son pouvoir accru et renforcé. Le risque est grand de voir se dégrader les relations entre les enseignants des écoles et de mettre ainsi à mal le travail en équipe pourtant nécessaire à la réussite des élèves. Enfin, les nouvelles modalités d’avancement de carrière changent. Elles sont alignées vers le bas, ralentissant la progression indiciaire qui détermine le salaire des enseignants.

Repenser l’inspection

Une réforme, cela doit être un progrès, pas un recul. A l’évidence, celle de l’évaluation des enseignants ne répond pas à cette exigence. C’est pour ces raisons que toutes les organisations syndicales des premier et second degrés demandent le retrait de ces textes. Pour autant, la situation actuelle reste très insatisfaisante. Le SNUipp-FSU compte avancer sur ce dossier et demande l’ouverture de discussions sur d’autres bases. L’inspection doit favoriser une réelle démarche active de formation, elle doit être pensée non comme un jugement mais comme un accompagnement pédagogique des équipes d’école. Il faudrait pour cela la déconnecter du déroulement de carrière. Un véritable progrès pour mieux exercer son métier, en somme !


De l’inspection en classe à l’entretien professionnel

De l’inspection d’aujourd’hui à l’entretien professionnel, il n’y a pas qu’une différence de vocabulaire. Le projet de décret sur les nouvelles modalités d’évaluation introduit une nouvelle et contestable approche du suivi du travail des enseignants. Explications

Aujourd’hui, les enseignants des écoles sont inspectés dans leur classe avec de grandes différences sur la fréquence, le nombre et le déroulement des inspections. En général, l’IEN avertit de sa venue plusieurs jours avant, et fait éventuellement parvenir ses demandes. Il observe des séquences en classe et consulte les documents demandés (cahier-journal, progressions, projet d’école, cahiers d’élèves, évaluations...) puis il mène un entretien avec l’enseignant. A la suite de cette inspection, un rapport accompagné d’une note, validés par l’inspecteur d’académie, est envoyé à l’enseignant. Ce dispositif n’est pas du tout satisfaisant.

Ce qui changerait :

- un entretien professionnel tous les trois ans

Avec le nouveau projet, l’inspection en classe serait remplacée par une évaluation de la valeur professionnelle. Cette évaluation serait conçue comme un processus dans le temps ponctué par un entretien professionnel tous les 3 ans. Cet entretien comprendrait l’examen partagé d’une auto évaluation et permettrait à l’IEN d’apprécier « la manière de servir de l’agent ».

- quatre critères d’évaluation

L’entretien porterait « sur le positionnement de l’agent » envers quatre critères : la capacité à faire progresser chaque élève*, les compétences de l’enseignant « notamment didactiques », la pratique professionnelle dans l’action collective de l’école « dans le cadre des programmes scolaires officiels et de la mise en œuvre des réformes », la qualité du cadre de travail. Pour le SNUipp, il est inconcevable d’envisager l’élaboration de tels critères, comme de l’ensemble du dispositif, sans y associer les enseignants.

- le barème supprimé

Le système de note serait supprimée. A l’issue de l’entretien, l’IEN proposerait à l’IA que certains enseignants bénéficient des réductions d’ancienneté (6 mois ou 15 mois tous les 3 ans) qui permettrait alors à ces « heureux élus » d’accéder plus rapidement à l’échelon supérieur. Cela modifie en profondeur le système des promotions ( changement d’échelon) des enseignants. Celui-ci ne se ferait plus à partir d’un barème connu de tous mais sur décision directe du supérieur hiérarchique. Au final, c’est moins de transparence et plus d’arbitraire.

Parallèlement à ce projet, une redéfinition de la gouvernance académique se met en place. A l’avenir, les inspecteurs du premier degré ne feront plus parti des services académiques de l’inspection. A l’instar des chefs d’établissement, ils vont intégrer la ligne hiérarchique décisionnelle. « Alors que jusqu’ici tous les inspecteurs tiennent leur autorité de leur expertise pédagogique et disciplinaire, les IEN la tiendraient désormais de leur appartenance à la chaîne hiérarchique. Autrement dit, d’une place de « fonctionnaire de proposition » ceux-ci passeraient à un statut de « fonctionnaire de décision . De quoi mettre à mal la liberté d’appréciation et la distance intellectuelle nécessaires à l’inspection » estime le syndicat de la FSU des inspecteurs.

* Comment évaluer les progrès des élèves ? "Dans l’absolu c’est une difficulté", nous dit J.Théophile [directrice des ressources humaines au ministère]. Mais "dans le cadre d’une évaluation régulière tous les 3 ans, on peut utiliser des indicateurs comme la réussite aux examens ou le niveau de la classe". Le Café pédagogique, 15 novembre 2011.


A lire, à compléter, à signer :

- Promotions : le grand chambardement !

- Signez la pétition pour le retrait du projet d’évaluation.

- Les raisons de la grève

- Déclaration d’intention de grève

- télécharger la publication spéciale

- Grève : lettre aux parents

 

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