www.snuipp.fr

SNUipp-FSU 95

Recherche par mots clé

Vous êtes actuellement : Archives  / Archives 2004 

fontsizeup fontsizedown impression s'abonner  à la rubrique {}
17 décembre 2004

Loi d’orientation : Déclaration du SNUipp au CSE du 16 décembre

Déclaration du SNUipp

Comment faire réussir tous les élèves ? Cette interrogation a traversé tous les débats auxquels ont participé les enseignants des écoles maternelles et élémentaires l’an dernier. Le niveau moyen des élèves a augmenté. Pour y parvenir, les enseignants se sont fortement investis. Il est cependant vrai que l’on connaît aujourd’hui un certain tassement. Le système éducatif demeure inégalitaire : la corrélation reste forte entre inégalités sociales et inégalités scolaires. Nous ne pouvons nous y résigner. La démocratisation de l’Ecole doit se poursuivre. Pour atteindre l’objectif de 80 % d’une classe d’âge au niveau du bac, de 100 % de diplômés ou de qualifiés à l’issue de la scolarité obligatoire, de 50 % d’une classe d’âge titulaire d’un diplôme de l’enseignement supérieur, le SNUipp a toujours porté l’idée que pour lutter contre l’échec scolaire, il fallait une réelle transformation de l’école. Or votre projet de loi n’apporte pas de réponses aux questions posées par notre profession. Il relève d’une logique de renoncement à faire réussir tous les élèves. Ce qui caractérise sans doute ce projet de loi c’est qu’il ignore l’école primaire. Comme si les 15 % d’élèves en difficulté à l’entrée du collège constituait un seuil irréductible !

Ainsi en maternelle, rien qui ne permette d’avancer sur une meilleure adaptation des structures aux enfants de cet âge, sur un engagement à stopper la baisse des la scolarisation des enfants de 2/3 ans, ...

L’investissement budgétaire n’est pas non plus à la hauteur des enjeux. D’abord les choix budgétaires pour l’année 2005 avec ses conséquences sur la carte scolaire. Puis l’absence de programmation. L’absence de recrutements d’assistants d’éducation. Le recrutement de 13 000 enseignants chaque année ne permettra ni de remplacer tous les départs en retraite ni d’envisager une nouvelle étape qualitative pour l’école.

Une conception de l’éducation Le texte présente une conception de l’éducation qui est en recul par rapport à celle que nous avons construite ces dernières années. Il n’est question que de « capacités », de « goûts », de « talents » : l’école ne servirait-elle qu’à révéler les aptitudes ?

Le traitement de la difficulté des élèves est également révélateur de cette conception.

Le « coeur de la réforme » se réduit dans le 1er degré à la mise en place du CIRE. On sait depuis longtemps que l’ approche individuelle ne peut être la réponse unique à la diversité des difficultés scolaires. La notion de « contrat » individuel isole et stigmatise l’enfant. Il rompt la dynamique de l’apprendre ensemble. A ne pas préciser que ce soutien hors la classe doit être provisoire, on peut y installer trop durablement les élèves. Nous y voyons une forme de parcours parallèle ou d’orientation précoce qui se dessine au collège. Permettre à des enfants de reprendre confiance en eux et de réussir leurs apprentissages nécessitent au contraire une élaboration collective, travail d’équipe et projet qui mettent en place une dynamique de classe permettant à l’enfant d’apprendre avec les autres. Cette individualisation et cette stigmatisation sont très symboliquement renforcées par la signature. Quels en seront les effets sur les parents, les enfants ? Quel sens aura la signature d’un « contrat » par un élève de CE 2 ? Quant aux moyens pour mettre en place les CIRE, en l’absence de programmation, c’est le redéploiement qui sera principalement à l’ordre du jour. Qu’en sera-t-il des missions et des personnels des RASED ?

Un avenir incertain pour les IUFM Quel est le bien fondé du changement juridique proposé qui prévoit l’intégration des IUFM aux universités, alors que les IUFM ont déjà un caractère universitaire ? Quelles en seront les conséquences pour les étudiants, les formateurs , les stagiaires et pour la formation elle-même ? Pour le SNUipp, ce changement ne peut en aucune manière instituer un éloignement des formateurs de terrain. Ce changement n’éclaire ni sur l’articulation entre les deux niveaux de formation, ni sur le devenir des maîtres formateurs professeurs des écoles. Le SNUipp exige une meilleure articulation entre théorie et pratique, condition essentielle à l’amélioration de la formation dispensée dans les IUFM. Elle ne peut se traduire par une diminution du volume horaire pour les stagiaires. Enfin, le SNUipp exige que soient garantis le maintien et le développement des sites départementaux existants, le développement des liens avec les écoles comme les formations communes. Ce projet de loi ne dit rien sur l’entrée progressive dans le métier qui nécessite des temps de réflexion et d’analyse sur les pratiques professionnelles.

La formation continue, qui a besoin d’être considérablement développée, constitue un levier de transformation de l’école. Son organisation sur le temps de travail doit être garantie. Le SNUipp demande que le « projet personnel de formation » ne remette pas en cause le dispositif actuel de formation continue organisé pendant le temps de travail. Quant à la possibilité pour les recteurs de donner la priorité à la formation continue hors temps scolaire, elle n’est pas acceptable.

Loin de la défense du statu quo ou des nostalgies d’un âge d’or mythique, le SNUipp propose de franchir une nouvelle étape qualitative, de transformer l’école en faveur de la réussite de tous en lui donnant les moyens nécessaires. C’est par exemple en utilisant des leviers favorisant l’innovation comme le travail en équipe, en donnant aux enseignants du temps pour la réflexion et l’élaboration collective, avec plus de maîtres que de classes que des solutions pourront être apportées au sein des écoles pour tous les élèves en difficulté.

Vos propositions tournent le dos à ces exigences, c’est pourquoi nous voterons contre ce texte.

 

43 visiteurs en ce moment

*Top

SNUIPP95 - Maison des Syndicats 26 rue Francis Combe 95014 Cergy Cedex - tél. 01 30 32 21 88 - Fax :01 30 32 39 12

snu95@snuipp.fr


©Copyright 2006 - SNUipp-FSU 95 , tous droits réservés.