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3 octobre 2016

Inégalités à l’école : le combat quotidien des enseignants !

Pour le SNUipp, c’est la constance, la confiance et le renforcement des dispositifs de l’éducation prioritaire qui permettront d’évaluer leurs effets sur les apprentissages et sur les inégalités.

Le rapport du CNESCO (Le Conseil national d’évaluation du système scolaire) paru le 27 septembre dresse des constats accablants pour le système éducatif français. Pour le SNUipp-FSU qui milite depuis de nombreuses années pour que l’école combatte les inégalités, ce rapport conforte l’exigence d’un investissement conséquent et durable à l’image des autres pays européens (ce que dit aussi le dernier rapport de l’OCDE ou celui de France Stratégie.)

Oui, il faut scolariser tous les élèves de moins de 3 ans dans les zones défavorisées, y alléger significativement les effectifs des classes, augmenter le « plus de maîtres », développer les RASED, permettre aux enseignants de mieux se former et de mieux travailler ensemble et mettre en œuvre une vraie politique de mixité sociale.

Le rapport pointe aussi l’insuffisance des politiques de prévention et l’empilement de réformes qui déstabilisent l’école. C’est notamment le cas dans les réseaux d’éducation prioritaires, qui ont particulièrement besoin de constance et de sérénité pour travailler.

Car l’éducation prioritaire est pointée du doigt : sans moyen à hauteur des besoins, elle ne se révèle pas suffisamment efficace. Faut-il pour autant tirer un trait sur ce dispositif ? Le SNUipp-FSU répond par la négative et réaffirme son ambition d’une école plus juste, au service de la réussite de tous. Il estime entre autres que l’impact des dispositifs prévus par la dernière réforme de l’éducation prioritaire mériterait d’être évalué sur un temps plus long.

Le SNUipp-FSU, lui, a enquêté auprès des enseignants en REP et REP+ en juin 2016 sur l’allègement de leur temps de service et sur la mise en place des « plus de maîtres ». Lorsqu’ils sont mis en œuvre comme les textes le prévoient, les dispositifs ont été jugés majoritairement satisfaisants, car ils permettent le travail en équipe, la réflexion autour des pratiques pédagogiques et un encadrement renforcé des élèves. Mais il y a encore des obstacles : le manque de temps, les formations insatisfaisantes, le manque de confiance de l’administration et surtout le manque de remplaçants dans certains départements qui n’a pas permis l’allègement de service.

C’est dans la constance, la confiance et le renforcement de ces dispositifs qu’on pourra évaluer dans la durée leurs effets sur les apprentissages et sur les inégalités.

Quoi qu’il en soit et pour le syndicat, on ne doit pas dévaloriser et décourager les équipes enseignantes qui s’engagent au quotidien dans les conditions difficiles de l’éducation prioritaire. Ils n’ont pas à porter le chapeau d’une politique de la ville et du logement erratique, qui n’a rien fait pour éviter la constitution de zones de ségrégation. C’est pourquoi le SNUipp-FSU affirme que c’est l’ensemble du système scolaire, dont l’éducation prioritaire, qui doit bénéficier d’investissements conséquents. L’école ne peut pas tout mais si on ne lui en donne pas les moyens, elle peut encore moins !


Communiqué de presse de la FSU :

Éducation prioritaire : garder la même ambition éducative que pour tous les jeunes !

Le rapport « Inégalités sociales » du CNESCO cherche à mesurer et à comprendre les inégalités scolaires notamment par l’analyse des difficultés actuelles de l’éducation prioritaire. Les avertissements et les inquiétudes du CNESCO ont été largement interprétées, notamment dans la presse, comme une condamnation de l’éducation prioritaire jugée inefficace. Certaines de ces interprétations, dans leurs volontés provocatrices, sont injustes pour le travail complexe qui est conduit par les fonctionnaires de l’Éducation nationale dans les secteurs de l’Éducation prioritaire et notamment par les enseignants.

Le rapport pointe une grande constante politique française : réformer l’éducation, sans cesse, sans prendre en compte les résultats de la recherche, sans évaluer les politiques menées. Alors que la lutte contre la difficulté scolaire devrait se centrer sur une plus grande mixité sociale des écoles et établissements, sur des moyens adaptés aux difficultés, sur des pratiques pédagogiques diversifiées et la formation des enseignants, elle reste cantonnée à l’application étroite de tel ou tel point de ces réformes. Le rapport du CNESCO pointe d’ailleurs la nécessité de poursuivre l’amélioration du système notamment en ce qui concerne la baisse des effectifs dans les classes, la formation des enseignants, la scolarisation précoce, le renforcement de la mixité sociale, la formation des personnels …

Pour la FSU, il est nécessaire d’élever le niveau de formation et de qualification de tous les jeunes, sans discrimination, et pour cela il faut « mieux d’école ». L’éducation prioritaire est l’emblème d’un dispositif ambitieux dans ses objectifs mais trop souvent dévoyé dans sa mise en œuvre politique et réglementaire.

La FSU demande une approche des questions d’éducation moins dogmatique et idéologique, davantage de réflexion et de prudence, une approche s’appuyant sur les résultats de la recherche, et sur les personnels, aux compétences professionnelles reconnues et respectées.

Poursuivre l’investissement et l’engagement pour l’Education prioritaire est essentiel pour l’avenir des jeunes qui y sont scolarisés, pour la réussite de tous et pour une meilleure cohésion sociale de la société. C’est l’engagement de la FSU.

Les Lilas le 29 septembre 2016

 

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