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16 octobre 2016

Audience auprès de la DASEN : compte-rendu

Nous avions sollicité une audience auprès de la directrice académique pour faire un premier bilan général de rentrée, pour lui faire remonter le sentiment des collègues en ce début d’année, pour l’ interroger sur les orientations du département cette année, sur leur organisation et pour porter nos revendications.

La directrice académique nous a reçus Mardi 11 octobre 2016

En introduction, nous lui avons fait part du sentiment des collègues aujourd’hui. La DASEN a été extrêmement attentive à notre analyse concernant ce début d’année scolaire mais elle s’est dite "surprise". Elle "pensait que la rentrée s’était bien passée au regard des postes créés et de l’embauche de contractuels" !

En effet, des postes classes, de remplacement, pour les dispositifs TPS et maîtres supplémentaires ont été créés et il y avait un enseignant devant chaque classe à la rentrée. Néanmoins le recours massif aux contractuels ne saurait être une solution pérenne, c’est bien l’attractivité du métier qu’il faut travailler en y ajoutant pour notre académie la dimension économique et sociale (logement, coût de la vie...). Le SNUipp-FSU 95 a rappelé qu’il n’était pas favorable à l’emploi de contractuels, qu’il y avait une réelle nécessité à ouvrir le nombre de postes au concours et urgence à rendre le métier plus attractif !Rendre le métier attractif, le valoriser sont des enjeux majeurs et en particulier dans notre académie ! Nous avons évoqué avec la DASEN les conditions de travail des collègues et leur état d’esprit. Tous les collègues, quelle que soit leur mission, adjoint-e-s, directrices/directeurs d’école, enseignants référents, CPC, maîtres formateurs, enseignants spécialisés... évoquent une charge de travail qui ne cesse de s’alourdir avec sans cesse de nouvelles tâches à accomplir sans reconnaissance financière ni institutionnelle. Le manque de temps, de formation et d’accompagnement, les classes surchargées, la gestion d’élèves à profil particulier, le trop grand nombre d’élèves par classe, la suppression des postes d’ATSEMS, les injonctions des IEN, les inéquités de traitement d’une circonscription à l’autre sont cités comme autant de difficultés pour exercer sereinement son métier. Les questions de sécurité qui conduisent à un climat anxyogène, qui peuvent détériorer les relations avec les familles s’ajoutent à tout cela.

Les collègues nous disent qu’on leur en demande toujours plus, sans que le travail effectif ne soit reconnu, rappelons qu’il avait été évalué dans une enquête de l’INSEE rendue publique en juillet 2013 à 44h par semaine (52h pour les débutants !) ! Par ailleurs, le métier devenant de plus en plus complexe, il faut s’adapter en permanence, sans formation, sans reconnaissance ni institutionnelle, ni financière à la hauteur de notre professionnalisme ! Une fois encore, le rapport annuel de l’OCDE « Regards sur l’éducation 2016 », publié le 15 septembre, rappelle que la France investit moins dans l’école primaire que la moyenne des pays de l’OCDE.

Cela confirme une note de France Stratégie, organisme placé auprès du Premier ministre, publiée en mai dernier. Celle-ci montrait que le budget de l’école primaire est aujourd’hui de 28% inférieur au budget moyen de onze pays comparables au nôtre, qui réussissent bien mieux en termes de performance globale du système éducatif mais surtout en termes de lutte contre les inégalités.

Et l’on comprend bien pourquoi : ce retard budgétaire structurel impose à notre pays des classes aux effectifs plus chargés qu’ailleurs, tout particulièrement en éducation prioritaire, et des salaires, après 15 ans de carrière, encore largement en dessous de la moyenne des pays de l’Union européenne. Des écarts de salaires qui ne trouvent même pas de justification dans le temps de travail puisque les enseignants français du 1er degré effectuent en moyenne 924 heures annuelles devant élèves contre une moyenne de 782 heures dans l’OCDE.

Dans le val d’Oise, au-delà du nombre insuffisant de candidats et de places au concours, ce sont 36 PES qui n’ont pas pris leurs fonctions.

Ce que nous disent les collègues depuis la rentrée :

- charge de travail qui continue d’augmenter,
- manque de temps pour travailler en équipe sur les outils pédagogiques : nouveaux programmes, carnets de réussite, projets d’école, pour rencontrer les partenaires de l’école, pour réfléchir aux projets...
- manque de formation et d’accompagnement
- classes surchargées
- difficulté de gestion d’élèves à profil particulier, troubles du comportement
- sentiment de culpabilité, ne pas pouvoir bien faire son travail
- sentiment de se « démener » tout le temps sans reconnaissance de l’institution, en étant au contraire soumis à justification permanente
- difficultés liées à la suppression des ATSEMS
- difficultés liées aux questions de sécurité : responsabilité, perte de contact avec les parents d’élèves, en particulier en éducation prioritaire où le travail de lien et de confiance avec les familles envers l’école avait été tissé petit à petit, « agressivité des parents »
- difficultés liées à l’éloignement du lieu de travail, gestion inhumaine des BD
- temps de réunion le soir, réunions de directeurs/trices, animations pédagogiques, liaison écoles collèges
- charge de travail et injonctions concernant les évaluations de CP, sans temps d’appropriation, ni de travail de remédiation
- évaluations de CE2 : perte de repère pour les collègues, documents non corrigés, non imprimés
- outils de travail : programmes et documents d’accompagnements, évaluations non imprimés
- injonctions, pression de certains IEN avec des demandes de justifications systématiques des 108h par exemple, engendrant ainsi un calcul d’heures, ce que ne faisaient pas les collègues avant... Mais à force de devoir justifier les heures, les enseignants de façon tout à fait légitime, comptent leurs heures ! , demandes par rapport aux évaluations
- dans le même temps des non réponses d’IEN lorsqu’ils sont sollicités sur des questions d’élèves, les collègues se sentent démunis et non soutenus par l’institution
- problème de remplacement

C’est dans ce cadre, du temps des moyens de la confiance que nous avons fait un point d’étape sur notre action d’arrêt des APC.

Dans notre département, ce sont 1247 signatures d’engagements collectés, soit 13,49 % des enseignants du Val D’Oise, 3 points de plus que la moyenne nationale. Ce n’est pas un hasard ! Dans la poursuite de nos demandes des années précédentes, nous avons demandé que les 108 heures soient laissées à disposition des équipes pédagogiques qui en définiront elles-mêmes les contenus pour permettre une reconnaissance de la globalité de leur travail. La suppression des APC est une première étape de diminution de temps du travail avec une reconnaissance d’une partie de notre travail invisible. La DASEN a dit qu’elle ferait remonter ces éléments au recteur.

Direction et fonctionnement des écoles

Les propositions du ministère sur la direction d’école sont encore loin de permettre l’allègement nécessaire des tâches. A cette rentrée, les préconisations autour des questions de sécurité ont encore chargé considérablement le travail au détriment de l’animation de l’équipe et d’une rentrée centrée sur le pédagogique.

Il est impératif que le travail administratif de direction soit réellement allégé. Cela passe par des décharges effectives et une aide à la direction dans chaque école.

La DASEN a de nouveau renvoyé cela dans le cadre académique...

CPC

Les conseillers pédagogiques nous évoquent une charge de travail qui n’est plus tenable. Nous avions déjà alerté la directrice académique depuis 3 ans. Chaque année de nouvelles tâches viennent se superposer. Le sentiment que l’administratif prend le pas sur le pédagogique est plusieurs fois évoqué. Cette année, au-delà de la surcharge de travail habituelle, s’ajoutent :
- la gestion dans GAIA : enregistrement des modules de formation, traitement des réponses des collègues... une véritable « usine à gaz » qui n’apporte rien à personne : ni aux Cpc, ni aux collègues, ni aux élèves
- préparation des formations de circonscriptions
- mise à jour des parcours Magistère
- le suivi des jeunes collègues encore plus nombreux que l’an dernier, se fera au détriment des T1 qui ne bénéficieront plus que de 2 visites
- les visites de contractuels
- appropriation des nouveaux programmes
- Livret scolaire
- réflexion sur les nouvelles modalités d’évaluation
- poursuite du travail avec le collège
- accompagnement des équipes d’école dans la rédaction des projets d’écoles
- PPMS intrusion

Les enseignants référents

Nous avons dit à la DASEN que nous allions rencontrer les référents vendredi après midi 14 octobre. L’objectif étant de faire un point précis sur leurs revendications et construire avec eux l’action nécessaire pour qu’ils puissent au même titre que les autres collègues percevoir l’ISAE : prime de suivi et d’accompagnement des élèves. Dans notre département, nous notons que les postes de référents ont tous été pourvus, néanmoins 10 collègues font fonction, et certains sont directeurs. Concernant la prime REP/REP+, contrairement à ce qu’elle avait annoncé, la DASEN renvoie maintenant cette question au recteur ! Une fois de plus, des annonces faites en CAPD ne sont pas respectées et ce sont encore les collègues qui en font les frais !

LSUN (Livret scolaire unique numérique)

Conformément à ce qu’il a porté dans les instances, le SNUipp-FSU a une appréciation critique sur ce livret et reste très vigilant sur son intérêt pédagogique, sur la charge de travail supplémentaire et sur son efficacité dans la communication aux parents. Il a rappellé son exigence sur la confidentialité des données, la suppression de toutes les données à l’issue de la scolarité obligatoire et la nécessité que toutes les écoles soient équipées en matériel informatique. Le SNUipp rappellera à la ministre son exigence d’un moratoire. Nous demandons que le bilan de la phase test soit rendu public. Dans notre département, la demande de moratoire n’est pas « retenue ». Pour autant, la DASEN répond favorablement à notre demande et laisse de la souplesse cette année aux équipes d’école. Elle souhaite que le LSUN soit opérationnel pour la prochaine rentrée scolaire.

Formation initiale

Nous resterons vigilants comme les années précédentes sur la charge de travail des stagiaires (en parcours classique ou en parcours adapté). Certains nous font part de :
- relations difficiles avec leur binôme
- fatigue de collègues affecté-es à plusieurs heures de trajet Nous avons une fois de plus souligné et salué l’investissement des équipes et en particulier des directrices et directeurs d’école qui font un travail remarquable d’accueil et de formation de tous ces jeunes collègues et en même temps déploré que ce soit encore une fois de plus à la charge des équipes.

Droits des personnels

- Mutations

Les documents inhérents aux personnels en disponibilité nous sont parvenus la veille de l’audience. Nous avions demandé ces éléments pour prouver une nouvelle fois qu’utiliser la raison de service et le déficit du département pour refuser les mutations et les EXEAT n’était pas entendable. Au final, ces collègues prennent une disponibilité, ne sont donc pas dans notre département ! Pire, ceux qui avaient obtenu leur INEAT n’exercent au final ni dans un département ni dans l’autre...Toujours incompréhensible et inadmissible !

- Mouvement intra départemental

Nous n’avons toujours pas les documents concernant les affectations des MAD. Il nous semble légitime de demander une CAPD en septembre pour valider toutes ces affectations puisque la CAPD doit être consultée pour toute question concernant le mouvement des personnels.

Questions diverses :
- l’enseignement de l’allemand : Nous avons demandé qu’un point nous soit fait rapidement sur les écoles concernées, la formation proposée
- le nombre de médecins scolaires, le. manque est criant dans certaines circonscriptions. La DASEN répond que les postes sont créés mais qu’il n’y a pas de candidats ! 26 médecins scolaires sont en exercice alors qu’il y a 34 postes ! Décidément le Val d’Oise n’est attractif pour personne !
- vigigender : Le SNUipp-FSU a écrit dès vendredi 30 septembre à la ministre pour l’alerter sur ces envois et lui demander de s’adresser aux équipes enseignantes afin de les conforter dans leur action au quotidien concernant l’égalité filles/garçons et la lutte contre toutes les discriminations. Il semble que les écoles du département ne sont pas concernées pour le moment. N’hésitez pas à nous contacter ainsi que votre IEN si tel était le cas.
- équité de traitement pour les demandes d’autorisation d’absence : il n’est pas admissible que les demandes d’autorisation d’absence exceptionnelle ne soient pas traitées de la même manière d’une circonscription à l’autre. De plus, nous avons redemandé à la dASEN que ces demandes soient étudiées avec la plus grande attention dans le respect des personnes.

La DASEN n’a apporté aucune réponse concrète pour le département, elle a écouté avec beaucoup d’intérêt et a dit qu’elle transmettrait dès le lendemain tous les éléments au recteur de l’académie de Versailles. Nous lui avons demandé de rappeler à ce dernier, notre demande d’audience qui est toujours sans réponse à ce jour...

 

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