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14 octobre 2005

EVS : les écoles ne seront pas les supplétifs de l’ANPE

Les écoles ne seront pas les supplétifs de l’ANPE

Les écoles viennent d’être destinataires, sous couvert des IEN, d’une circulaire de l’I.A sur les modalités de recrutement des E.V.S.

Ce texte rappelle le dispositif général dans lequel s’inscrit cette démarche : il s’agit de la déclinaison, pour les écoles, du fameux « plan pour l’emploi » de Jean Louis Borloo (voir ci-dessous)

Les réactions des écoles ont été nombreuses tant sur le dispositif lui même que sur les modalités retenues par le département du Val d’Oise : en effet, chaque Inspection Académique décline la « mise en musique » du dispositif selon ses propres modalités.

Il y a fort à dire sur ce qui nous concerne directement...

Le message de la circulaire est clair : les écoles doivent se précipiter sur les demandes pour espérer bénéficier d’un moyen supplémentaire. Les premiers arrivés seront les mieux servis. Avec tout ce que cela sous-entend en terme de concurrence entre les écoles, en terme de « différenciation négative » (les perspectives de recrutement ne seront pas les mêmes dans les différentes agences ANPE du département, c’est une évidence !).

C’est l’étape ultime du « pilotage par le terrain » avec l’absence totale de régulation et de pilotage départemental.

Par ailleurs, le rôle qu’on entend faire jouer aux directeurs (ou aux équipes si l’on est optimiste ! ) est totalement inadmissible : leur demander de prendre contact directement avec les ANPE c’est leur demander d’assumer des missions qui ne sont pas les leurs... plutôt malvenu quant on prétend par ce biais régler en partie la question de la direction d’école !

Pour le SNUipp, tout cela est inacceptable. Pour autant, nous estimons qu’il faut se saisir de cette occasion pour faire émerger les besoins réels des écoles.

C’est pourquoi, nous proposons aux écoles de s’inscrire dans la phase de recensement.

Nous appelons les conseils de maîtres à identifier les besoins de chaque école en termes de vie scolaire, d’aide à l’animation culturelle ou sportive, de gestion des BCD ou d’utilisation des TICE... Comme les y invite la circulaire, nous les appelons à informer les conseils d’école _comme nous l’avons déjà fait plusieurs fois- de l’état précis de ces demandes.

Nous appelons les conseils de maîtres à transmettre ces demandes à la DOSP, en les accompagnant d’un courrier spécifique (cf. page 3. un modèle est téléchargeable sur le site du SNUipp Val d’Oise). Ne pas oublier bien entendu de transmettre un double du dossier au SNUipp pour que nous puissions procéder à une actualisation du chiffrage des besoins réels du département

Bien évidemment, ce sont bien des demandes d’emplois pérennes, de vrais emplois qualifiés que les écoles vont transmettre.

Par contre, nous invitons les équipes de maîtres et les directeurs à refuser de s’inscrire dans la procédure de recrutement qui est envisagée. Nous ne sommes pas les sergents recruteurs de l’ANPE.

Lorsque nous avons rencontré Mme l’Inspectrice d’Académie dans le cadre d’une audience FSU le 11 octobre nous avons fortement attiré son attention sur cet aspect des choses avec 3 remarques particulières :

- D’une part, les directrices et directeurs ne sont pas formés pour assurer des recrutements. Cette tâche n’est nullement inscrite dans les missions que l’ensemble de la réglementation leur confie.

- D’autre part, il est particulièrement problématique de faire procéder à des entretiens par les acteurs directs de terrain : que se passera-t-il si un(e) collègue repousse la candidature d’un « grand frère » un peu ombrageux ? Il n’est vraiment pas raisonnable d’exposer des collègues seuls et isolés à ce genre de situations.

La circulaire départementale précise qu’il n’y a pas de limite d’âge. Ailleurs on peut lire que le dispositif global concerne essentiellement les personnes de moins de 26 ans... qui croire ?

Et enfin, la porte grande ouverte pour les EVS chargés de missions liées à l’intégration des élèves atteints de handicap est en contradiction formelle avec les procédures existant actuellement. Rappelons que l’attribution d’un auxiliaire de vie est décidée par la CDES après avis des professionnels que sont les collègues des réseaux et des CCPE. Là d’un coup de baguette magique, il suffirait de faire le numéro de téléphone de l’ANPE pour bénéficier d’une aide pour la scolarisation des élèves handicapés. C’est la négation du professionnalisme de nos collègues particulièrement impliqués dans ce dossier, c’est insupportable pour les élèves qui plus que tout autre ont besoin d’enseignants et de personnel d’accompagnement qualifiés.

Tout cela sent la précipitation et l’amateurisme.

Si l’Inspection Académique fait le choix de répondre avec enthousiasme aux injonctions gouvernementales (cf. fin aricle), ce n’est pas aux écoles et aux enseignants de terrain de faire les frais de tout cela.

Quelle que soit l’appréciation que l’on peut porter sur ces « contrats aidés », il n’est pas admissible que personne n’ait eu conscience des quelques dangers (et il y en a certainement d’autres !) que nous venons d’évoquer. Au minimum, il semble prudent que la recrutement soit assumé par un collectif, en présence d’un responsable hiérarchique (les aides_éducateurs - pour lesquels ils faut bien se garder de faire un parallèle avec le dispositif qu’on nous impose aujourd’hui- avaient été recrutés par des commissions sous présidence des IEN).

Et enfin, nous avons fait remarquer à Mme l’IA que le dispositif national prévoit que ces « emplois » seront prioritairement affectés dans les secteurs de l’Education Prioritaire. Ce que ne mentionne nullement la circulaire départementale. La réponse qui nous a été faite était que les estimations laissaient à penser qu’il y aurait suffisamment de postes pour couvrir toutes les demandes ! Nous avons alors demandé quel était le volume global attribué au Val d’Oise : nous n’avons pas eu de réponse... Autrement dit, les écoles qui s’inscriraient jusqu’au bout dans la démarche ne sont même pas certaines d’avoir satisfaction, ce qui est un comble !

Nous revendiquons a minima un pilotage départemental, avec information des instances paritaires, qui permette une répartition des moyens qui corresponde aux recommandations nationales, avec une prise en compte prioritaire des secteurs les plus en difficulté.

Nous réclamons que des règles et recommandations départementales soient précisées au plus vite en matière de niveau requis de qualification et de recrutement éventuel de parents d’élèves.

Pour conclure, le SNUipp Val d’Oise réaffirme son rejet du dispositif « EVS » qui marque une nouvelle étape dans la précarisation de l’emploi, qui n’est pas la réponse aux attentes formulées par l’ensemble de la communauté éducative en matière de besoins des écoles et des élèves (avec une mention toute particulière pour les élèves handicapés).

Nous appelons les écoles à se saisir de cette occasion pour faire apparaître une nouvelle fois les besoins réels en termes de personnel enseignant et de nouvelles missions pour des adultes dans l’école.

Nous appelons l’ensemble des collègues à ne pas se laisser abuser, et pour le moins à ne pas s’engager dans le dispositif de recrutement proposé par la circulaire départementale.

Bien entendu, le SNUipp et la FSU Val d’Oise suivent particulièrement ce dossier. Nous demandons aux écoles de nous faire remonter tous les documents et tous les problèmes éventuels rencontrés.

 

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