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15 novembre 2005

Lettre ouverte au premier ministre

Monsieur le Premier ministre,

La crise qui secoue notre pays ne peut qu’interpeller tous ceux qui ont le souci de l’avenir de notre jeunesse. Les violences qui se déroulent dans de nombreuses banlieues depuis plusieurs jours sont inacceptables et le retour au calme est nécessaire. Les banlieues n’ont pas besoin d’état d’exception : elles ont besoin de justice, de respect, d’égalité et de perspectives. Nous ne pouvons pas accepter de voir stigmatiser toute une partie de la jeunesse, en ignorant son désarroi, sa désespérance, son avenir souvent sans horizon. Monsieur le Premier ministre, les différentes interventions de votre gouvernement et certaines de vos propositions aggravent l’exclusion.

Représentants de l’ensemble de la communauté éducative, nous ne pouvons admettre de voir ainsi nier le rôle de l’École. En remettant en cause pour ces jeunes la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans, vous les enfermez dans l’échec scolaire. L’apprentissage dès 14 ans n’est pas une remédiation à l’échec et, de plus, cette mesure assimile les métiers manuels à l’échec.

Nous le savons, l’École ne peut pas régler les problèmes liés à l’urbanisme, aux ghettos, au chômage... mais elle a un rôle fondamental à jouer pour contribuer à l’intégration par l’éducation à la citoyenneté, par la formation, la qualification. Tous les jeunes de notre pays doivent apprendre ensemble dans le cadre de la scolarité obligatoire. Donner du sens au “ vivre ensemble ” doit bien devenir la priorité des priorités. Encore faudrait-il avoir une politique volontariste de lutte contre les discriminations. Encore faudrait-il donner à l’École les moyens de fonctionner tout particulièrement dans les Zep, laissées à l’abandon depuis des années. Nous, représentants de l’ensemble de la communauté éducative, nous ne cessons de tirer le signal d’alarme à chaque budget depuis 4 ans. Supprimer des postes d’enseignants et de personnels de l’éducation, par dizaine de milliers, supprimer définitivement les postes de surveillants, d’emplois jeunes ne peut que conduire à une impasse.

Votre projet de budget 2006 concernant l’enseignement scolaire s’inscrit dans la même politique de régression. Ce projet propose même de supprimer quelque 800 postes d’enseignants mis à disposition (MAD), essentiels pour le fonctionnement des associations complémentaires de l’École. Et l’on constate par ailleurs que le tissu associatif fait cruellement défaut dans notre société, comme vous semblez vous-même le laisser entendre... Le 21 novembre à 18 heures 30, nous serons devant les préfectures et sous-préfectures du pays pour dénoncer ce budget et ses dramatiques conséquences.

Monsieur le Premier ministre, nous vous demandons solennellement de donner à l’École les moyens d’assumer son rôle et nous vous demandons de renoncer à ces mesures d’exclusions concernant une partie de notre jeunesse.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Premier Ministre, à l’expression de nos sentiments respectueux.

...

Paris le 10 novembre 2005

SNUipp-FSU, SGEN-CFDT, UNSA-Éducation, FCPE, UNL, CRAP-Cahiers Pédagogiques, Ligue de l’Enseignement, OCCE

 

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