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24 novembre 2005

Pour une laïcité à l’échelle du monde au XXIème siècle

Pour une laïcité à l’échelle du monde au XXIème siècle

Il y a un siècle, après un long cheminement, la République française décidait de garantir à ses citoyens la liberté de conscience en adoptant la séparation des Églises et de l’État.

La loi du 9 décembre 1905 plonge ses racines dans l’histoire d’une humanité qui, au fil des siècles, a progressé sur les voies de son émancipation. Nous n’oublions pas ce que nous devons à tous ceux et à toutes celles qui, parfois en y laissant leur vie, ont combattu pour que chacun puisse construire ce qui est le commencement même de l’Homme : l’expression d’une pensée libre. Dans notre pays, la révolution de 1789 a construit les prémices d’un processus qui conduira, plus d’un siècle plus tard, à faire de la laïcité une des pierres angulaires de la République. Ce ne fut pas sans combats que se sont succédé, dès que les républicains purent assumer la responsabilité de l’État, les différentes lois qui ont fondé l’école de la République, assuré les libertés fondamentales, notamment du mariage et du divorce, la liberté de la presse et de réunion, la liberté syndicale et d’association et, enfin, l’affirmation de l’indépendance de l’État face aux Églises.

La loi de 1905 est une loi de liberté qui doit s’appliquer sur la totalité du territoire de la République, en Alsace et en Moselle comme dans les territoires d’Outre Mer.

Parce qu’elle est porteuse de liberté, elle a emporté l’adhésion de la majorité de nos concitoyens. Elle libère l’État et les Églises de tout rapport de sujétion, comme elle reconnaît à ces dernières la liberté de s’exprimer et d’agir dans la société à la seule condition de respecter les libertés fondamentales et l’intégrité des personnes. La laïcité permet ainsi à chacun, quelle que soient ses convictions philosophiques et religieuses, de vivre, individuellement ou collectivement, ses engagements dans le respect de l’Autre.

Un siècle après sa proclamation, la laïcité de la République demeure la condition et la garantie essentielles d’un « vivre ensemble » que nous devons construire en permanence.

Aujourd’hui, la diversité croissante, religieuse, culturelle et morale, au sein des sociétés pose de nouveaux défis. Mais les combats qui ont conduit l’écrasante majorité des habitants de notre pays, et parmi eux nombre de ses plus anciens et farouches détracteurs, à adhérer à la laïcité n’ont pas changé de nature. Assurer la liberté de conscience nécessite de développer l’esprit critique et son exercice, notamment au travers de l’acquisition des connaissances : cela demeure la responsabilité de l’Ecole publique, seule école de la République. A ce titre, elle doit avoir les prérogatives et les moyens de ses missions et offrir à tous l’accès aux mêmes possibilités de réussite. Cette école doit être à l’abri des groupes de pression quels qu’ils soient, y compris du pouvoir de l’argent.

Garantir le libre exercice des cultes exige que les institutions de la République soient indépendantes des églises et qu’en même temps soit assurée par les lois de la République, la liberté d’exercice et d’expression de tous les cultes. Parce que la laïcité postule l’égalité, elle exige le rejet de toute discrimination, quelle qu’en soit sa nature. La laïcité ne peut produire ses effets et emporter la conviction que si ses principes valent pour tous. Enfin, dans une société en pleine mutation, où l’apport de cultures venues du monde entier est permanent et nous enrichit, seule la laïcité permet la création d’un espace public commun, respectueux des principes de la République comme de la diversité des cultures et créateur de valeurs partagées qui réunissent ceux et celles qui vivent en France.

A l’heure de la mondialisation, de la multiplication des vecteurs de communication, de diffusion des informations, des connaissances et des savoirs, le débat sur la laïcité ne saurait être propre à la France. La construction européenne pose la question de la place du principe laïque au sein d’une union de pays qui ont traité les rapports du politique et du religieux en fonction de leur propre histoire. L’histoire laïque de la République française peut servir à promouvoir une Europe porteuse de libertés, tout en prenant en compte la diversité des pays qui la composent. Refusant « le choc des civilisations », nous nous inscrivons dans le vaste mouvement du monde en faveur d’une humanité plus solidaire, faisant toute sa place aux valeurs de la laïcité.

Nous savons que les valeurs universelles qui doivent constituer les biens communs de l’Humanité n’appartiennent pas au seul monde occidental, surtout si elles servent d’alibis à des politiques dominatrices. Dans ce contexte, nous voulons participer davantage, par delà les chemins originaux choisis par chaque peuple et chaque nation, à la construction d’une humanité pluraliste dégagée des préjugés et libérée des dogmes quels qu’ils soient, soucieuse de la liberté et de l’égalité de ses membres et de la fraternité qui doit les unir.

Voici les défis qu’en 2005, avec la même volonté et les mêmes principes que nos prédécesseurs, nous devons relever. Notre tâche est immense.

 

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