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3 décembre 2007

Propositions X. DARCOS

Propositions X. DARCOS

Conséquences de la hausse démographique et du déficit de création de postes, le taux d’encadrement dans les classes s’est dégradé, le taux de scolarisation des deux ans a spectaculairement chuté ces trois dernières années, la formation continue est en chute libre, la scolarisation des élèves handicapés s’est faite par recours massif à la précarité… Avec les absences de créations de postes dans le premier degré et les milliers de suppressions dans le second degré, comment parler d’améliorer en qualité le système ? Comment envisager des « investissements de long terme » quand le quotidien est sans cesse perturbé par une multitude de micro-changements qui passent au gré des saisons et des aléas des résultats électoraux. Nombre des pistes proposées vont dans le sens d’une libéralisation du système et d’un fonctionnement des écoles sur le mode de l’entreprise : pilotage par objectifs et évaluations normatives, individualisation systématiques des élèves comme des enseignants, mise en concurrence des écoles… Il ne manque plus pour chapeauter le tout que la mise en œuvre d’une plus grande autonomie, sous entendue d’ailleurs par l’organisation « au plus près des besoins ». La mise en place des EPEP sera-t-elle la touche finale ?

Ci-dessous les premiers commentaires du SNUipp sur les propositions de Xavier Darcos. Vous pouvez retrouver l’intégralité des propositions ainsi que la lettre de mission de Nicolas Sarkozy à Xavier Darcos ci-contre.

Donner à chaque enfant les clés du savoir et les repères de la société dans laquelle il grandit est la première exigence de la République et l’unique ambition de l’école primaire. Avec l’unification et l’allongement des parcours scolaires, la spécificité de l’école primaire s’est estompée. Elle a cessé d’incarner à elle seule l’idéal scolaire. Mais son rôle n’en est pas moins devenu déterminant dans la réussite scolaire des élèves jusqu’au terme de la scolarité obligatoire, et même au-delà. L’école primaire n’est pas une simple étape de la scolarité : c’est la clé du succès de toutes les autres. C’est à l’aune de ce constat qu’il convient de tracer un nouvel horizon pour l’école primaire. Elle doit permettre à chaque élève d’acquérir le socle commun de connaissances et de compétences déterminé par la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’Ecole du 23 avril 2005, et qui constitue un ensemble incontournable pour obtenir ensuite une qualification professionnelle ou poursuivre des études supérieures. Il est donc nécessaire de réaffirmer avec force les objectifs centraux et les contenus d’enseignement de l’Ecole primaire, d’en mesurer et d’en connaître les progrès et les réussites, de permettre à cet immense réseau d’instruction et d’éducation de s’organiser au plus près des besoins des enfants et des familles et, enfin, de permettre des investissements de long terme pour l’amélioration de la qualité de son service.

« La notion de réussite pour tous (…) ne veut certainement pas dire que l’École doit se proposer de faire que tous les élèves atteignent les qualifications scolaires les plus élevées. Ce serait à la fois une illusion pour les individus et une absurdité sociale puisque les qualifications scolaires ne seraient plus associées, même vaguement, à la structure des emplois. » Cet extrait du rapport Thélot illustre la vision de l’école portée par Darcos : celle des choix politiques et idéologiques qui fondent le socle commun de connaissances. Ce socle, emblème de la loi Fillon, illustre le renoncement à la réussite de tous les élèves considérant comme acquis que « tous ne sont pas capables », et que puisque de toute façon « il n’y a pas de places pour tout le monde », mieux vaut se contenter de peu pour le plus grand nombre. Comme l’a écrit P. Meirieu : « Beaucoup auront le socle et peu la statue ». Pour le SNUipp et la FSU c’est une toute autre école qu’il faut promouvoir, une école porteuse de sens, donnant à tous les moyens et non seulement « les chances » de réussir.

1°) Redéfinir les objectifs de l’école primaire :

1-1 L’école primaire est la première étape de la scolarité obligatoire : sa mission centrale est de préparer tous les élèves à réussir leurs études au collège. Or aujourd’hui, comme l’a récemment noté le Haut Conseil de l’Education, 15% des élèves quittent l’enseignement primaire en situation d’échec lourd. La première étape de cette nouvelle ambition sera de diviser par trois, d’ici la fin de cette mandature, le nombre d’élèves en situation d’échec lourd. C’est le premier objectif de ce projet pour l’Ecole primaire.

L’objectif est louable et partagé par tous mais comment envisager de réduire l’échec scolaire alors que les conditions d’enseignement sont de plus en plus difficiles et que les taux d’encadrement se dégradent ?

1-2 Pour cela, nous devons nous attacher à faire diminuer significativement le taux de redoublement à l’école primaire. Aujourd’hui, 18% d’une classe d’âge a redoublé au moins une fois pendant le cycle élémentaire. Or nous savons que le redoublement précoce n’a aucun impact positif sur la poursuite de la scolarité d’un élève. Cette priorité est d’autant plus forte que le redoublement varie fortement selon l’origine sociale des élèves. 3% des enfants d’enseignants et 7% d’enfants de cadres ont redoublé au moins une fois à l’école primaire, contre 20% des enfants d’ouvriers et employés et 41% d’enfants de ménages inactifs. La réussite scolaire ne doit plus être la conséquence des inégalités sociales. C’est le rôle de l’Ecole de mettre fin à cette disparité. Pour cela, en investissant sur ceux qui en ont le plus besoin, dans 5 ans, la proportion d’élève ayant redoublé une fois à l’école primaire devra diminuer et être inférieure à 10 %, quelle que soit l’origine socioprofessionnelle des familles lorsque ce n’est pas déjà le cas aujourd’hui.

"La réussite scolaire ne doit plus être la conséquence des inégalités sociales". La formule de Darcos est habile car lier la réussite scolaire (et non l’échec) aux inégalités sociales revient à dire que les enseignants se contentent de perpétuer ces inégalités sans jamais lutter contre l’échec scolaire. Par ailleurs, si les inégalités sociales sont effectivement la cause première de l’échec scolaire, rien n’est proposé par Darcos pour s’y attaquer : l’absence totale de référence aux ZEP est inquiétante. Le redoublement n’apporte effectivement pas de réponses à l’échec scolaire, mais il relève de l’artifice d’utiliser le taux de redoublement comme indicateur de réussite scolaire. Décider qu’un élève passera dans la classe supérieure ne signifie pas qu’il n’est plus en difficulté.

1-3 Enfin, il faut distinguer plus clairement les deux temps de l’école : le temps de la transmission des savoirs au service de l’acquisition par tous les élèves des apprentissages fondamentaux et le temps de l’accompagnement éducatif. L’école reçoit de nombreuses sollicitations qui, pour avoir un intérêt éducatif global, empiètent par trop sur le temps qui doit être consacré aux apprentissages fondamentaux.

Va-t-on revenir plusieurs décennies en arrière et assister au retour du ministère de l’instruction publique en lieu et place du ministère de l’éducation nationale ? On pourrait le croire lorsque Darcos résume le temps scolaire à une simple « transmission des savoirs ». La dissociation entre « deux temps de l’école » introduit un recentrage sur les fondamentaux (« lire-écrire-compter » ? socle commun actuel ?) et renvoie la part « éducative » hors du champs scolaire proprement dit. Quels contenus pour l’accompagnement éducatif (disciplines autres que mathématiques et maîtrise de la langue ? disciplines culturelles et sportives ? aide aux devoirs ?…). Qui assurera cet accompagnement ? N’y a-t-il pas un risque de transfert de certaines missions et certains contenus vers les collectivités locales avec tous les risques d’aggravation des inégalités territoriales ?

2°) Donner à l’école des programmes et des horaires recentrés sur des objectifs clarifiés :

Les programmes scolaires doivent pouvoir être lus et compris de tous. Ce n’est pas le cas des programmes actuels dont la dernière révision pour intégrer le socle commun de connaissances et de compétences est jugée peu satisfaisante.

2-1 Les nouveaux programmes devront respecter un cahier des charges précis : ils devront intégrer le socle commun de connaissances et de compétences. Ils fixeront les contenus à enseigner pour chaque année scolaire dans le cadre des cycles. Clairs sur les objectifs à atteindre, compréhensibles par tous, ils ne comporteront pas d’injonction propre à limiter la liberté pédagogique du maître garantie par la loi.

La répartition des enseignements doit donc se faire à partir de blocs horaires qui donneront une priorité absolue à l’apprentissage de la langue française tout au long de la scolarité primaire. Ces blocs horaires pourront se décliner avec des variantes selon les années de la scolarité. 24 heures hebdomadaires pleinement utilisées, sans détours inutiles, permettent d’enseigner à un élève de l’école primaire tout ce qui lui est indispensable pour réussir au collège.

2-3 Parce qu’ils ne doivent pas être réservés aux seuls experts, les programmes d’enseignement du primaire seront soumis à l’avis de la commission des Affaires culturelles, familiales et sociales de l’Assemblée nationale et de la commission des Affaires culturelles du Sénat.

L’annualisation des compétences annonce la fin des cycles d’apprentissages. La fonction des programmes est avant tout de servir de référence nationale aux enseignants. Sous le vernis démagogique et un peu méprisant de la formule "lus et compris de tous", il s’agit surtout de réduire les ambitions. Cela se traduit par un « recentrage » affiché sur l’apprentissage de la langue française, à l’exclusion du reste. C’est une remise en cause de l’intelligence des programmes de 2002 qui, par l’interdisciplinarité, faisaient de la langue française le cœur de tous les apprentissages sans renoncer aux autres disciplines. Par ailleurs, deux modifications de programmes interviendraient en moins d’un an alors que les instructions de 2002, issues d’un large consensus entre professionnels et recherche, n’ont fait l’objet d’aucun bilan. Les programmes scolaires n’ont pas à subir les aléas et les pressions de la vie politique ; la temporalité ne peut pas être la même.

3°) Construire des outils fiables pour l’évaluation régulière des acquis des élèves :

3-1 Dans chaque classe l’évaluation des élèves est assurée tout au long de l’année par le professeur. Elle relève de sa responsabilité, et sert à repérer le degré de maîtrise des savoirs et des compétences, mais aussi les difficultés de compréhension et d’apprentissage. Elle sera régulière et systématiquement communiquée aux familles, en les informant des réponses prévues pour remédier aux difficultés.

3-2 Les professeurs des écoles auront accès à de nouveaux outils d’évaluation diffusés sur la banque nationale qui sera notablement renforcée.

3-3 Il faut également se donner les moyens de connaître et de faire connaître quels sont les acquis des écoliers français à des moments clefs de leur scolarité, notamment par rapport aux pays comparables. C’est pourquoi seront créées deux évaluations nationales témoins qui serviront à mesurer les acquis des élèves au CE1 et au CM2. Ces évaluations seront conçues par rapport aux paliers du socle commun. Elles seront construites à partir des connaissances et des compétences légitimement attendues à ces niveaux de la scolarité. Le résultat de ces évaluations sera communiqué aux familles. Elles seront menées au milieu de l’année scolaire afin que les professeurs des écoles aient le temps nécessaires pour organiser leur enseignement. Leurs constats seront rendus publics et permettront d’apprécier l’évolution de la réussite du système éducatif. Pour les élèves de CM2, il ne s’agira en aucun cas d’un examen d’entrée en 6ème. L’horizon de l’école primaire, c’est le brevet des collèges puis l’accès au baccalauréat, pas le retour au certificat d’études primaires.

3-4 Le niveau obtenu lors de ces évaluations mais surtout les progrès accomplis par les élèves et mesurés par ces évaluations constitueront le véritable indice de réussite de la politique scolaire. Les bonnes pratiques qui aboutissent aux meilleurs résultats seront valorisées et mutualisées.

Pourquoi présenter comme une nouveauté le fait d’évaluer les élèves et de rendre compte aux familles des résultats et des remédiations mises en œuvre. Quel sera l’objectif des "évaluations des acquis" : outil de repérage et de tri ou outil de remédiation ? Dans le contexte actuel de rémunération au mérite, l’idée de "valoriser" les "bonnes pratiques" laisse entendre qu’une rémunération au mérite pourrait devenir fonction des résultats. Par ailleurs, la publication des résultats ne pourrait que créer de la compétition entre les écoles et renforcer les effets de l’assouplissement de la carte scolaire. Au final, tout cela induirait alors un système pervers qui amènerait à faire réussir les évaluations plutôt qu’à faire construire les apprentissages (bachotage). La dissociation entre évaluation CM2 et entrée en 6è est la bienvenue, mais n’enlève pas les doutes sur une sélection avant l’entrée au collège, véhiculée par le Président de la république.

4°) Evaluer autrement les professeurs des écoles :

4-1 Il faut changer de logique et, d’abord, faire confiance aux maîtres pour mettre en œuvre les choix pédagogiques qu’ils estiment les meilleurs. Ce qu’on appelle la liberté pédagogique n’est pas un vain mot. Elle est inscrite dans la loi. Cette liberté implique une responsabilité car, en matière pédagogique, tout choix a des conséquences sur l’apprentissage des élèves.

4-2 L’évaluation des professeurs des écoles doit être redéfinie : pour ne plus s’attacher seulement à la méthode pédagogique de l’enseignant mais intégrer les progrès des élèves.

4-3 L’évaluation des enseignants du 1er degré sera plus fréquente et régulière. L’inspecteur de l’Education Nationale sera responsable de la mise en oeuvre des objectifs nationaux. L’évaluation et la réussite des personnels enseignants de sa circonscription constitueront ses objectifs prioritaires.

4-4 En cas de difficultés professionnelles avérées ou de besoin de perfectionnement, le professeur des écoles bénéficiera d’une formation professionnelle adaptée.

Les enseignants seraient donc évalués(et rémunérés ?) selon les résultats de leurs élèves. La réaffirmation à plusieurs reprises de la notion de « liberté pédagogique » est à mettre en regard du système d’évaluation : c’est le fonctionnement libéral le plus strict qui amène l’enseignant à être seul responsable de l’échec constaté aux évaluations (cf 3°) puisqu’on le laisse « libre » de fonctionner comme il l’entend. A noter la contradiction entre « liberté pédagogique » et « mutualisation des bonnes pratiques » . La formation continue n’est conçue que comme réponse aux « difficultés » repérées par l’institution et non comme pouvant répondre aux demandes des enseignants.

5°) Consacrer un temps de travail adapté à chaque élève en difficulté :

L’école primaire française, dans sa configuration actuelle, ne parvient plus à assurer la réussite de tous les élèves. Le nombre d’élèves en très grande difficulté reste désespérément stable autour de 15 % des élèves et notre position relative dans les enquêtes internationales a même tendance à se dégrader comme le montreront les prochains résultats de l’enquête PIRLS. C’est un très sérieux sujet de préoccupation qui doit conduire à de nouvelles solutions.

Dire que « l’école primaire française, dans sa configuration actuelle, ne parvient plus à assurer la réussite de tous les élèves » tient du mensonge. Le système éducatif a permis une élévation continue du niveau général de formation (avec maintenant une stagnation dans l’accès au bac et un échec lourd récurrent). Historiquement, il n’a jamais mieux fait réussir les élèves qu’aujourd’hui. Les nostalgiques d’un âge d’or sans échec au collège ou au lycée feignent d’oublier que la sélection sociale et scolaire était telle que plus de la moitié d’une classe d’âge restait sans formation ou ne dépassait pas le CAP.

5-1 La création de la semaine scolaire de 24 heures permet, pour la première fois, d’instituer une aide personnalisée pour chaque élève en difficulté sur un temps spécifique de deux heures hebdomadaires. Cette aide vise la réussite scolaire. Ce temps sera inclus dans les horaires de service des professeurs des écoles.

5-2 Le traitement de la difficulté scolaire comprendra plusieurs étapes successives. Pour commencer, les difficultés repérées par le professeur sont d’abord traitées dans le cadre de la classe. Si elles sont plus lourdes, elles donneront lieu à une prise en charge complémentaire grâce aux deux heures dégagées, en accord avec la famille.

5-3 L’accueil se fera par petits groupes, en dehors des horaires de classe collective. Comparées au nombre moyen d’heures de cours supplémentaires assurées par des entreprises privées hors du temps scolaire, les deux heures hebdomadaires qui seront dégagées apparaissent comme un progrès indiscutable. La relation qui sera alors établie entre le professeur et l’élève ne sera pas comparable à un enseignement en classe habituelle : la réussite scolaire passe nécessairement par cette attention particulière aux problèmes de chacun.

5-4 L’organisation de ce temps de réussite scolaire doit se concevoir en laissant toute sa place à l’autonomie et à la responsabilité des équipes mais également en évaluant les résultats obtenus et les progrès accomplis par les élèves.

5-5 Dans les cas où ces remédiations n’auront pas suffi, il sera proposé à tous les élèves présentant en fin d’école primaire de grandes difficultés dans la maîtrise du langage, de la lecture ou de l’écriture, un stage de remise à niveau entre la fin du CM1 et le commencement de la scolarité au collège. Ces stages pourront se dérouler pendant les vacances et seront assurés par des enseignants volontaires qui recevront une rémunération complémentaire à cette fin. Ces séquences doivent permettre à l’élève d’entrer au collège avec les connaissances essentielles dans les domaines du langage, de la lecture et de l’écrit.

5-6 Dans les écoles enfin, où la difficulté scolaire est la plus récurrente, le principe « plus de maîtres que de classes » pourra être retenu et la relation avec les familles renforcée.

La baisse du temps scolaire pour les élèves avait été demandée à Darcos par Sarkozy dans sa lettre de mission. Elle est également à l’ordre du jour dans les collèges et les lycées, car dans le 2nd degré, elle permet de supprimer des postes. Cette réduction horaire ne concernerait pas les enfants les plus en difficulté, ceux pour lesquels les apprentissages pèsent le plus lourd qui devraient de fait, faire « des heures sup ». L’attention particulière pour les élèves en difficulté, nécessaire, doit pouvoir se passer en classe. Permettre de modifier les pratiques (des maîtres supplémentaires, des heures dégagées pour se concerter, s’organiser…) et les conditions d’exercices (effectifs réduits, travail en petits groupes…) au sein des écoles s’avère en effet plus efficient qu’un sparadrap mis sur les victimes du système scolaire. Mais beaucoup plus coûteux… Par ailleurs, nulle part il n’est fait mention des Rased. Oubli avant disparition et récupération des moyens ? Après le soutien en plus de l’horaire scolaire, les 15% d’élèves les plus en difficultés auraient aussi moins de vacances que les autres… Mais les enseignants du primaire auraient la possibilité de faire des heures supplémentaires et d’accroître enfin leur pouvoir d’achat par le désormais fameux « travailler plus pour gagner plus », ce qui permet à Darcos d’évacuer le problème d’une revalorisation salariale pour tous. Enfin, l’affichage de maîtres supplémentaires ne changerait guère la situation actuelle et donc ne coûterait pas grand chose puisque des maîtres surnuméraires existent déjà dans certaines Zep. Le SNUipp demande des maîtres supplémentaires dans chaque école pour pouvoir travailler différemment.

6°) Renouveler les missions de l’école maternelle :

Des menaces pèsent depuis plusieurs années sur l’école maternelle, spécificité française en Europe. C’est un gisement de postes à récupérer pour faire face aux augmentations d’effectifs dans l’enseignement élémentaire.

6-1 Les missions de l’école maternelle seront redéfinies en fonction des âges d’accueil. L’école maternelle française résulte de choix historiques spécifiques à notre pays. A la fonction de garde du 19ème siècle s’est ajoutée une fonction éducatrice, enfin l’école maternelle est devenue un lieu d’apprentissage. L’école maternelle doit jouer tout son rôle dans la réussite scolaire. Il n’est pas envisageable qu’elle soit réduite à une fonction de garde pour de très jeunes enfants qui ne retirent aucun bénéfice mesurable d’une scolarisation trop précoce. Aussi, dans les domaines de l’apprentissage du langage, du développement physique et de l’autonomie, une véritable progressivité sera mise en oeuvre de la Petite section à la Grande section, en fonction des besoins de chaque enfant.

Le choix de ne pas offrir la possibilité de scolarisation à deux ans est acté sous couvert d’une inefficacité supposée.

6-2 Il faut donner à l’école maternelle un programme qui respecte mieux sa spécificité en matière pédagogique et, comme pour l’école élémentaire, un programme compréhensible par tous. C’est à l’école maternelle que les enfants deviennent des écoliers. Ils apprennent les règles de vie collective, font une première découverte du monde qui les entoure et acquièrent une première maîtrise organisée de la langue parlée et écrite. Ce programme s’attachera notamment à mieux définir les objectifs de la Grande section d’école maternelle et ainsi son rôle dans la scolarité.

6-3 Enfin la formation des personnels enseignants en maternelle doit être renforcée. Il faut donc que, dans le cadre de la formation initiale, lors des deux premières années d’exercice, mais aussi en formation continue, de véritables modules de formation consacrés à l’école maternelle soient proposés. Ils permettront aux nouveaux professeurs des écoles de se doter des outils nécessaires à l’exercice de leur métier.

Certes mais comment afficher sérieusement une volonté de formation des enseignants alors que le volume horaire de la formation initiale est en diminution avec le stage filé et que les possibilités de partir en formation continue se réduisent d’année en année ?

Le SNUIPP appelle les personnels à participer au débat. Pour cela, il a lancé une campagne de pétition, il informera en permanence du contenu des discussions, il permettra aux collègues d’en débattre dans le cadre des réunions d’information syndicale. Enfin, il consultera la profession sur l’ensemble des propositions et décisions du ministère.

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Propositions Darcos
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Lettre de mission du Président de la République au Ministre de l’Education Nationale

 

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